Eh ben, on va rigoler

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Le problème est simple : qui que ce soit qui sorte des urnes, nous autres, les petits, les obscurs, les sans grade, nous devrons faire avec. Certains ont émis l'idée de quitter le pays si tel ou tel était élu. Un peu trop facile, camarades ! Pour aller où ? Avec quels moyens ? Si vous pouvez le faire, dites-vous que ce n'est pas le cas de tout le monde. Alors que faudra-t-il faire? Supporter, discuter, critiquer, agir chacun à son niveau et se dire que si dans cinq ans les choses ne se sont pas améliorées, ça risque de barder sec. Ce qui est étonnant, c'est que ça ne barde pas plus déjà maintenant. Il faut croire qu'il y a en France encore assez de gens qui "ne vivent pas trop mal" et qui "font tourner la machine", même si c'est au prix de privations, de sacrifices, d'espoirs déçus, sinon ça aurait déjà pété !  Chacun des candidats (et je pèse mes mots) avait telle ou telle proposition valable qui aurait pu être appliquée par tous. Mais ces messieurs-dames sont incapables de se comporter de cette manière ; pour eux, c'est tout bon chez moi, tout nul chez les autres. On voit où ça nous a menés. On ne peut que s'agripper aux bras du siège pour attendre le résultat du 7 mai, en espérant que le pire n'en sortira pas. Y aura-t-il un juge chez nous pour bloquer un décret comme l'un d'eux l'a fait pour mister T. ? Y aura-t-il des mouvements de foule suffisants pour que reculent les gens du pouvoir. Ah mais, j'oubliais ! Ils ne reculent que pour les choses importantes, et s'obstinent bêtement pour les secondaires... On fait capoter la loi savary sur l'école ? Pas grave, on a rendu le port du casque obligatoire à vélo... On baisse culotte devant la finance mondialisée ? Fi de tout ça, on a pondu une loi sur la fessée... On ne prévoit rien pour la transition écologique ? Ah mais si : on roule à 90 sur des autoroutes qui ne nous appartiennent plus et qui ne paient pas d'impôts en France!... A l'aune de ces mesures, on évaluera le prochain ou la prochaine.


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Bravo monsieur E. M. !

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Le résultat des élections paraît surprendre. Pourtant il s'explique facilement. Dégoûtés de la politique et des politiciens qui, depuis des décennies, n'ont pas su voir venir les crises ni les gérer, beaucoup de gens étaient prêts à voter FN pour essayer autre chose. Pour voir ce que feraient ceux qui n'ont jamais eu les rênes du pouvoir en main. Au risque de basculer dans une société différente, voire de déclencher des conflits internes. La gauche et la droite ont failli ? Donnons une chance à MLP, peut-être qu'elle fera mieux, ou au moins pas "plus pire"... Le jeune loup Emmauel l'a jouée finement sur ce coup-là: il s'est présenté comme l'alternative au FN. Peu importe qu'il ait été au gouvernement (si peu de temps), qu'il soit issu d'un milieu aisé (en haut, ils le sont tous, à part Beregovoy qui l'a payé cher), qu'il n'ait pratiquement pas d'expérience (quand on voit ce qu'ont accompli ceux qui en ont beaucoup et qui ne leur pas à grand-chose) : il a incarné aux yeux de beaucoup cet essai d'autre chose à quoi aspirent tant de gens qui tirent la langue... Je ne suis pas un fan des jeunes loups dont les dents rayent le parquet ; on ne sait pas ce que monsieur M. pourra, voudra ou saura faire. Mais, en attendant, il a damé le pion à tout le monde, surtout à ceux qui se sont moqués de lui. Maintenant advienne que pourra, mais il va falloir qu'il continue à la jouer rudement fine s'il ne veut pas que dans cinq ans le recours au FN s'impose définitivement...


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Geispolsheim

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Dimanche 23 avril 2017 : journée de dédicace à Geispolsheim. Un salon petit mais sympa, organisé par des collègues qui y croient, qui aiment les livres et les auteurs, qui se décarcassent pour les visiteurs et lecteurs potentiels. Venez découvrir ce que les auteurs régionaux ont à vous offrir. Vous en connaissez déjà beaucoup, il y aura des nouveautés, ce sera une jolie fête amicale !

Lecture 1

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Bonjour

je viens vous faire part d'une lecture qui m'a paru intéressante : L'insouciance, de Karine TuiL J'avoue que je n'étais pas très chaud, au départ. Une forme de méfiance peut-être? Je me suis donc un peu forcé. Eh bien, je dois dire que l'auteure fait montre d'une puissance d'évocation certaine. Le sujet est connu, je n'y reviens pas (de toute façon, dans 90% des cas, le sujet importe peu, c'est la manière dont il est traité qui compte). Les différents personnages sont présentés avec brio: qualités, défauts, failles, ambitions, doutes, chagrins et peines, tout est mis en place pour rendre les personnages vivants. Une mention spéciale pour le tout premier chapitre qui évoque le traumatisme de Romain Roller de retour d'Afghanistan. La lente dérive et la chute de l'entrepreneur François Vély sont décrites avec la précision nécessaire pour démonter l'implacable mécanique qui se met en place. J'ai été moins emballé par les histoires d'amour entrecroisées, peut-être parce qu'en comparaison des drames vécus par les protagonists elles paraissent un peu "fades", voire déplacées. Il est certain que K. Tuil possède un style qu'on pourrait qualifier  de logorrhéique ou de torrentiel, qui convient parfaitement au récit développé, mais qui, paradoxalement, nécessite d'être tenu de bout en bout. D'où certaines baisses de tension, notamment dans les relations affectives. En tout cas, on navigue dans des milieux méconnus où le simple mortel n'a pas accès, et l'on découvre un monde dont on se doute qu'il est impitoyable et qui se révèle bien tel sous la plume de l'auteure. Contrairement à d'autres écrivains qui manient ce genre de narration à bride abattue et dont on ne parvient pas toujours à suivre la pensée, ici l'enchaînement des phrases et des paragraphes obéit à une logique structurelle à laquelle le lecteur adhère : on ne se perd pas dans le dédale des intrigues, pas plus qu'on ne perd le fil du récit. Bref, une lecture roborative bien que pas très reposante !


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Prise d'otages : quatrième extrait

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Agissant comme quelqu'un qui est seul sur Terre, il saisit le téléphone et appela le négociateur :

— J'ai une déclaration à faire.

Je vous écoute.

Pas à vous. Aux médias. J'attends.

Clotilda se demanda ce que le braqueur avait en tête. Elle l'interpella :

Que se passe-t-il, Oualid ?

Rien qui vous concerne, capitaine.

J'aimerais comprendre. Vous êtes un homme intelligent. Qu'est-ce qui vous motive ? Qu'est-ce qui vous a amené à… ?

À quoi ? À être ce que je suis ? À faire ce que je fais ?

Il eut une moue dédaigneuse :

Ça, femme, ce n'est pas à toi que je le dirai…

Et il ajouta une tirade dans ce qui ressemblait sans l'ombre d'un doute à de l'arabe.

Puis il croisa les bras et se mura dans le silence.

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